Kenya – Janvier 2026
Nos conseils pour préparer votre ascension
Infos pratiques
Le Mont Kenya est le plus haut sommet du Kenya et le deuxième plus haut sommet d’Afrique après le Kilimandjaro. Il est composé de 3 pics principaux : le Batian culmine à 5199m, le Nelion à 5188m et enfin la Pointe Lenana, seule accessible en randonnant, à 4985m. C’est un ancien volcan éteint depuis environ 3 millions d’années, dont les pentes abritent une immense réserve forestière évoluant à hauteur que l’on progresse en altitude.
Durée du trek : 4 jours / 3 nuits
Trajet : à définir avec votre agence qui viendra vous chercher à votre hôtel. Depuis Olepangi Farm, le trajet en voiture a pris 2h. Depuis Nairobi, le trajet en voiture prend environ 6h.
Pourquoi faire ce trek ? Pour le défi physique et mental que cela représente, notamment si c’est votre première ascension, tout en restant accessible avec un minimum de préparation car cela reste de la “simple” randonnée. Le Mont Kenya reste très préservé et confidentiel, garantissant une ascension inoubliable grâce aux paysages très sauvages. La durée de l’ascension est également relativement courte (de 4 à 6 jours selon la voie choisie).

Quelle voie choisir ?
Pour notre part, nous avons choisi de monter par la voie Chogoria et redescendre par la voie Sirimon en 4 jours et 3 nuits. Nous ne pouvons que vous suggérer de suivre les durées conseillées, à savoir 5 jours et 4 nuits, qui augmentent vos chances de bien vous acclimater et, surtout, donneront des journées moins chargées, augmentant là aussi vos chances d’atteindre le sommet.
N’ayant pas testé les autres voies, nous ne pouvons bien entendu pas les comparer mais les différents guides avec qui nous avons discuté ont tous confirmé que ces deux voies sont les plus belles notamment grâce à la végétation que l’on y retrouve. Une autre voie, Naro Muru, permet quant à elle de monter plus rapidement, mais au détriment du temps consacré à l’acclimatation. Cela dépendra donc aussi du temps dont vous disposez sur place.

Comment organiser son ascension ?
Il n’est pas autorisé de faire l’ascension par ses propres moyens, vous devrez donc nécessairement recourir aux services de guides accrédités. Ils garantiront également votre santé et votre sécurité.
Pour notre part, nous avons fait un benchmark en ligne et avons pris contact avec African Ascents, une agence spécialisée dans l’outdoor en Afrique de l’Est. Il existe un grand nombre d’agences, n’hésitez pas à les comparer mais attention : il semblerait que certaines agences « fantômes » soient présentes en ligne avec pour seul but d’encaisser votre caution avant de disparaitre. Essayez donc de contacter des agences ayant pignon sur rue et sur lesquelles vous avez des retours positifs de voyageurs.
Nous avons donc échangé longuement avec African Ascents pour la préparation de notre voyage afin de déterminer la voie la plus adaptée, notre condition physique, le matériel à emporter etc. Cela nous a permis de partir rassurés et confiants !
Que ce soit pour l’intendance, la qualité des repas, de l’accompagnement ou encore de la sécurité, nous ne pouvons que vous les recommander. Ils proposent de nombreuses autres expéditions comme l’ascension du Kilimandjaro, mais aussi d’autres sommets moins connus qui semblent tout aussi intéressants (dans les Aberdare) ainsi que d’autres destinations en Afrique de l’Est comme l’Ouganda ou la Tanzanie.
· Climat & vêtements
Nous avons réalisé l’ascension du 31 décembre au 3 janvier : c’était donc la saison sèche, nous avons eu quelques gouttes de pluie lors de notre départ puis un temps magnifique jusqu’à la fin. De ce fait en journée il faisait vraiment bon, même en altitude. Cependant attention : aussitôt le soleil disparu il peut faire froid, très froid ! Il faut donc anticiper et partir avec suffisamment de couches de vêtements, la technique de l’oignon étant la plus efficace. Attention à bien avoir des matières respirantes, qui sèchent facilement (comme la laine mérinos). Ne pas hésiter à superposer 4 à 5 couches pour le haut, 2 pour le bas en gardant à l’esprit qu’il peut pleuvoir. Il faut donc une tenue entièrement imperméable, incluant bien entendu les chaussures en Gore Tex. L’humidité peut rapidement devenir votre pire ennemie car il est impossible de faire du feu, de ce fait toute tenue mouillée le restera jusqu’à la fin du trek si la matière n’est pas adaptée…
De bonnes chaussures de randonnée sont indispensables, déjà testées auparavant afin d’éviter les risques de frottements et donc d’ampoules.
Enfin, le vent est glacial et très fort au-delà de 4000m, il vous faudra donc un bon coupe-vent suffisamment large pour accueillir vos différentes couches de vêtements lors de l’ascension.
Pour ce qui est du sac, vous ne porterez que vos affaires pour la journée, à savoir les gourdes (prévoyez de pouvoir emporter 3L par personne pour la journée, c’est important !), votre pique-nique, et surtout vos vêtements que vous serez tentés d’enlever si le soleil se montre. Il faut donc un sac de taille suffisante (une vingtaine de litres), tout en veillant à ce qu’il ne soit pas trop lourd. Attention à ce qu’il soit bien étanche également !
Pour la nuit, nous avons fait simple : nous mettions toujours sur nous nos vêtements du lendemain, ce qui nous évitait d’avoir à nous changer dans le froid le matin.
Le restant de vos affaires pour les 4 jours seront portées par des porteurs. Par respect pour eux, ne prenez que le strict minimum : une liste vous sera fournie avant la rando, en voici un extrait :

Pensez là aussi à prendre un sac bien imperméable pour le transport ! Nous avions un sac 55L pour nos affaires pour les 4 jours et ce pour deux, cela était suffisant. Petit plus : s’il vous reste un peu de place, prenez des chaussures pour votre arrivée au camp : je n’avais que mes chaussures de rando et j’ai rêvé chaque soir d’avoir une autre paire pour soulager mes pieds.
Le matériel type tente, duvet etc. était quant à lui mis à disposition par l’agence. Ils nous ont également prêté les bâtons et lampes frontales.

Comment se préparer physiquement ?
L’ascension de la Pointe Lenana n’étant pas technique, il n’y aura de préparation propre à du matériel par exemple. La seule condition est d’être en bonne forme physique, et surtout d’être capable d’enchainer plusieurs jours d’efforts intensifs. Là aussi, cela dépendra du nombre de jours et de la voie que vous emprunterez, mais il y aura nécessairement 2 ou 3 jours ou vous ferez beaucoup de dénivelé, positif comme négatif, et de longues heures de marche, possiblement sous la pluie et le vent. Il ne faut donc pas sous-estimer l’effort à fournir.
Il faudra aussi être en mesure de s’adapter à plusieurs nuits en campements, au froid. Allumer un feu est strictement interdit, de ce fait vous n’aurez aucun moyen pour vous réchauffer, si ce n’est le thé/café et votre duvet.
Là encore rien d’insurmontable dès lors que vous êtes bien équipés, mais c’est tout de même une variable à prendre en compte : on est loin des hôtels 4 étoiles, c’est l’immersion totale dans la nature.
Et enfin, le Mal Aigu des Montagnes (MAM)… Totalement imprévisible, il vous sera impossible de vous y préparer, si ce n’est en partant quelques jours en altitude (entre 2000 et 3000m est l’idéal), dans les Alpes par exemple. La meilleure solution sera de vous acclimater directement au Kenya, le pays offrant de nombreuses régions situées entre 1500 et 2000m d’altitude. En ce qui nous concerne, nous avons passé 2 nuits à Samburu puis 2 nuits au pied du Mont Kenya, à Olepangi Farm, située à 2100m. C’est le strict minimum pour s’acclimater, et malgré cela H a eu des symptômes à plusieurs reprises. Si vous pouvez faire plus, il ne faudra donc pas vous en priver. Le Kenya regorge de réserves autour du Mont Kenya, vous ne vous y ennuierez pas !
Le meilleur conseil est : polé-polé. Tout, absolument tout, doit être fait lentement. Marcher, manger, parler : plus vous monterez, plus il faudra ralentir. C’est déconcertant au début mais cela deviendra vite un réflexe, votre corps vous rappelant très rapidement par des maux de tête ou des étourdissements qu’il a besoin de lenteur.
Il faut également veiller à boire énormément. Au moins 4 litres par jour, sous toutes ses formes : thé, café, soupe, eau… Vos guides y veilleront mais c’est important de vous forcer car, à cette altitude, la déshydratation arrive vite.
Il en est de même pour la nourriture : l’effort est intense, le froid présent la nuit, il faut donc veiller à bien vous alimenter, même quand la faim n’est pas présente. Le Mal des Montagnes peut avoir pour symptôme les troubles digestifs et la perte d’appétit : vous devrez vous forcer à manger afin de ne pas vous affaiblir, mais aussi pour vous réchauffer !
Pour le reste, ce sera uniquement de la chance : soit vous serez sensible, de façon plus ou moins marquée, à l’altitude, soit vous n’y serez pas… Le MAM n’est pas à prendre à la légère, de nombreuses personnes doivent ainsi faire demi-tour en cours d’ascension car trop malades et affaiblies pour continuer. Ne forcez surtout pas, c’est votre santé qui est en jeu et les dommages, allant jusqu’à l’œdème cérébral, peuvent être irréversibles.
Le MAM touche environ 40% des personnes faisant une ascension à plus de 4000m, de façon plus ou moins marquée. Il faudra donc y être préparé mais, surtout, adopter les bons réflexes qui permettent d’en réduire les effets !
En cas de réel problème, vos guides auront toujours une bouteille d’oxygène de secours ainsi que du matériel permettant de surveiller votre taux d’oxygène, cependant ce sera à vous de communiquer sur les symptômes que vous ressentez, et ce le plus tôt possible afin d’éviter leur aggravation.



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